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© Xavier Goulard 2020

Une belle histoire… 


J’étudie le piano dès l’âge de quatre ans. Puis le violon. Je suis doué, dit-on, mais pas convaincu !


J’ai 10 ans. Mon parrain m’offre le Requiem de Mozart. Et “Thrène à la mémoire des victimes d’Hiroshima” de Penderecki ! Un grand écart qui fait naître pourtant une aspiration profonde : c’est décidé, je serai compositeur et chef d’orchestre. Mais…


Mon environnement familial me préfère des études conventionnelles. En secret je me nourris des œuvres des compositeurs classiques et contemporains. La nuit j’écoute sous mes draps les retransmissions des concerts de France Musique.


J’ai 14 ans. Théâtre des Mathurins. Le “Voyageur sans bagage”, de Jean Anouilh avec Daniel Ivernel. Un choc ! Indicible : c’est évident, je serai comédien ! 


Inutile d’y rêver. Si la musique est à peine tolérée, la comédie ne le sera pas. Je me tairai donc.


Adolescent j’use les strapontins des grandes salles de concerts… et je « sèche » mes cours pour entrer dans les salles de cinéma par les portes de sorties ! Entre 14 et 20 ans je verrai environ 600 films.


J’ai 20 ans j’étudie enfin l’harmonie, le contrepoint avec Jeannine Rueff, Grand Prix de Rome, enseignante au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Puis la direction d’orchestre avec Jean-Sébastien Béraud. Enseignant également au CNSMDP. Je ne quitte mes travaux que pour étudier les partitions des autres, aller au concert et inlassablement courir les derniers films.


Devant l’un de mes devoirs d’harmonie, sans doute bâclé, mon professeur me dit : “beau comme tu es, tu devrais plutôt faire comédien”!! 


J’ai 25 ans. Je m’inscris… au Cours Florent !


Une année inoubliable. Le lendemain de l’audition publique de la classe libre, à l’Espace Cardin, deux agents artistiques m’appellent. Et je débute ma carrière de comédien.


Cette maladie sans nom que je traîne depuis l’enfance continue de me faire cruellement souffrir. Je fais l’un de ces malaises sur scène devant 3000 personnes. Décidément le comédien va devoir attendre.


Je me replonge dans la musique, monte mon propre studio et compose le jour, la nuit, jusqu’à épuisement !


Je travaille ainsi en « ermite » pendant vingt ans. Pub, ciné, TV, Génériques, Radio… et Dix albums de musique instrumentale.


J’accorde beaucoup de temps au silence et à l’étude spirituelle. C’est ainsi que nait REQUIEM - ORATIO


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J’ai plus de 45 ans. Je guéris. Ma fille Marlène, comédienne, à qui je fais répéter ses scènes de théâtre avant qu’elle n’entre au Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique, me pousse à reprendre la comédie. Un auteur, Jean Dell, me présente à Jean-Luc Moreau, puis Francis Perrin, puis Michel Leeb… et je retrouve le théâtre avec jubilation.


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Et suivent… des clips, des films, d’autres musiques, d’autres projets. Une histoire qui ne peut se terminer que par des points de suspensions…

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